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Cheveux longs, chemise ouverte et chaîne en or. A Marseille, René Malleville s'appelle « Néné » / Crédit Photo :  STEPHANE CLAD

Cheveux longs, chemise ouverte et chaîne en or. A Marseille, René Malleville s'appelle « Néné » / Crédit Photo : STEPHANE CLAD

#RENE #MALLEVILLE. Personnage haut en couleurs, il est une vedette à #Marseille : militant, syndicaliste, patron de bar, responsable de club de supporters.
Il est élu et chroniqueur de
l’#OM.

« J’ai toujours aimé la liberté ». Attablé à la terrasse ombragée du Caveau du Théâtre, René Malleville sirote une petite poire bien glacée sur la place de Lenche, au Panier.

« On n’est pas bien ici ? », se complaît-il, face à la Bonne mère. Le petit train touristique est seul à s’activer autour de la place. Les papis, assis à la fraîche sur les bancs publics, observent. Certains ne manquent pas de venir le saluer : « Ce monsieur est un personnage ! », s’exclame un papi à la pipe.



« Moi, quand j’étais minot… »


Ah, René Malleville ! C’est tout un poème. Emblématique, charismatique, une grande gueule de Marseille.
« Moi, quand j’étais minot, je voulais être chanteur. J’ai deux octaves et demie dans la voix. Attention ! », met-il en garde. « A 15 ans, j’ai pris le taxi à Marseille pour aller chanter à Martigues, avec pas un franc en poche. Le chauffeur m’attend toujours ! A 16 ans, j’ai monté un petit groupe, les Carry Men, avec qui on a fait la première partie de la tournée de préparation de Nino Ferrer à l’Olympia, accompagné de l’orchestre de Serge Bessière. Et à 17 ans, ma femme m’a dit c’est la musique ou c’est moi ».
René a choisi. Aujourd’hui, il est fier de ses 42 ans de mariage. « Regarde comme je suis tranquille ! »
Mais la vie de René Malleville n’a pas toujours été de tout repos. « J’ai vécu des trucs de fous dans ma vie ! »
Conseiller municipal de Gaston Defferre, de 1977 à 1983, René Malleville adhère au parti socialiste en 1971, « parce que j’étais de gauche » dit-il. A 30 ans, il devient suppléant de Lucien Weygand. « C’était beau ça ! »

La belle époque, celle des colleurs d’affiches et des joutes politiques. Comme en mars 1983, lorsque Gaston Deferre le pointe : « Saches que dans ma prochaine liste, il n’y aura pas de grande gueule ! »

Qu’importe, Lucien Weygand le nommera chargé de mission à la délinquance dans les 13e et 14e arrondissements.



« Sans foi, ni loi »


Cité Bassens, La Paternelle, c’est sur le terrain, que René Malleville fait ses armes. En politique puis dans le syndicalisme. « Après, j’ai foncé dans le syndicalisme. Sans foi, ni loi. J’ai tellement foncé, qu’ils m’ont foutu dehors ». Rigolade.
Syndicaliste à la RTM, René Malleville, alors adhérent à la CGT, crée son syndicat en 1984, en plein conflit social. « Autant on n’acceptait pas la dictature du patron, autant on n’acceptait pas celle de la CGT. »
A la Fédération nationale des chauffeurs routiers (FNCR), « ils m’ont refusé tellement je faisais des actions violentes. Alors, j’ai créé le Syndicat des roulants et techniques de la RTM ». Licencié en 1988 pour raison syndicale, il sera réintégré quelques mois plus tard, bénéficiant de l’amnistie après la réélection de François Mitterrand à la présidence de la République. Mais ce ne sera que de courte durée puisqu’il sera révoqué le 7 juillet 1989 pour raison syndicale.
De cette époque, ce syndicaliste n’a jamais compris pourquoi la CGT avait voté contre sa révocation « par principe ». « Tu l’entends ça ? Par principe ! »

Entre temps, « le SRT était devenu le 2e syndicat de la RTM. C’était moi qui menais les troupes. J’étais très violent. Les gens de la CGT se retrouvaient plus dans nos actions que dans celles de leur syndicat ».
Par exemple ? « Le 3 juillet 1989, on avait séquestré les dirigeants de l’entreprise. On était des précurseurs ! Aujourd’hui, ils n’ont rien inventé », s’enorgueillit-il.


« Le maire de l’OM »


Désœuvré, René Malleville achète alors un bar. « J’ai toujours voulu être patron de bar ». Le Bretagne - rue Mazenod, devient vite le siège des Yankee, club des supporters de l’OM. René en devient le vice-président et le bar le QG des médias.
« Gaston Deferre m’appelait le maire de l’OM ». Galéjade.
Le Bretagne jouit aujourd’hui encore d’une belle renommée, même s’il n’existe plus depuis 2005 – pression immobilière oblige.
Depuis, René Malleville s’est « transféré » au club des Dodgers, « le même jour où Ribéry a été transféré au Bayern », blague-t-il.
Désormais, il contribue aux chroniques footbalistiques de France Bleue Provence et LCM. Les chaînes de télévision se l’arrachent pour ses commentaires made in Marseille, chaque fois que l’OM tousse. C’est que René est un bon client des médias avec sa longue chevelure blanche, sa chaîne en or et la chemise ouverte. Ca ne s’invente pas. A Marseille, on l’appelle « Néné ».
Aujourd’hui, René est retourné à ses vieilles amours : la politique. Conseiller d’arrondissement à la mairie du 2e secteur de Marseille, il est aussi conseiller communautaire à Marseille Provence Métropole.
« Moi, je n’ai pas de métier, avoue-t-il. Et si c’était à refaire, je serais patron de bar ou journaliste ». Evoquant son parcours, il réalise : « Ca, c’est des vies ! »
61 ans, 42 ans de mariage et cinq beaux petits-enfants : la réussite d’une vie. « Si j’avais de l’ambition, ça fait longtemps que ça se saurait ! Je vis heureux. Je suis tranquille. J’aurais pu avoir plus, j’aurais pu avoir moins. Je fais ce que je veux. Je n’écoute personne. Je ne donne de conseil à personne. Je suis comme je suis ».


Linda #BeDiaf

Tag(s) : #People Art, #Sports, #OM, #Olympique de Marseille, #Stade Vélodrome
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