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Crédit Photo : Stéphane Clad / Le litige entre les riverains et la Ville de Marseille porte sur les trépidations des gros engins dans la roche calcaire du vallon qui a lieu tous les jours depuis des mois, de 8h à 17h.

Crédit Photo : Stéphane Clad / Le litige entre les riverains et la Ville de Marseille porte sur les trépidations des gros engins dans la roche calcaire du vallon qui a lieu tous les jours depuis des mois, de 8h à 17h.

Roucas-Blanc. Les riverains protestent contre les nuisances produites par un immeuble en construction. L’association Bompard-Oriol-Roucas demande à la Ville une expertise géologique.

« Le problème est là et parfaitement visible ! », montre du doigt Serge Parot, président de l’association Bompard-Oriol-Roucas, devant un parterre d’une cinquantaine d’habitants et du maire (PS) du 1er secteur de Marseille, Patrick Mennucci, rassemblés hier pour protester contre les nuisances produites par les travaux du chantier en cours au 82, avenue des Roches dans le 7e arrondissement de Marseille.

Les riverains sont exaspérés par « le boucan infernal et les trépidations du brise-roches » qui excave le coteau rocheux du vallon pour y construire un immeuble collectif de 4 étages et un parking souterrain en lieu et place d’une villa et de son jardin.
Les voisins du chantier souffrent moralement et physiquement. « C’est invivable ! J’ai des fissures dans ma maison et dans le terrassement de mon jardin », témoigne, la mine défaite, Angélique Anfosso qui travaille à domicile au-dessus de la pente du vallon où sont creusées les excavations. Une autre voisine rapporte que son mari travaillant de nuit ne peut plus dormir. Une maman est obligée de faire porter un casque anti-bruit à ses enfants pendant les devoirs. Les papis, qui ne peuvent plus faire leur sieste, sont perturbés. Une mamie demande un peu de répit pendant les heures de repas…

C’est pourquoi, l’association, qui a rejoint le collectif « Laisse béton – sauvons notre ville», réclame désormais deux choses à la mairie de Marseille. La première, que « la construction des immeubles autorisés soit réalisée conformément aux règles d’urbanisme en vigueur et pour lesquels une autorisation a pu être accordée ». La seconde, que « la mairie assume les conséquences de la situation actuelle et prenne les mesures de police utiles pour limiter au maximum les nuisances occasionnées aux riverains, en limitant l’utilisation du brise-roches du lundi au vendredi aux créneaux horaires de 10h-12h et 14h-17h, et en contraignant le maître d’ouvrage à faire établir par un expert judiciaire un état des lieux des constructions à l’immédiate proximité du chantier ».

Malgré les plaintes du voisinage, le promoteur immobilier en charge des travaux renvoie la responsabilité à la Ville qui accuse les riverains d’« égoïstes ». Le mot était de trop. Les habitants invoquent donc la défense de l’intérêt général et celle de leurs intérêts particuliers qui est légitime, arguant que « c’est aussi le droit des propriétaires de pouvoir disposer de leur propriété – bien souvent le fruit d’une vie », justifie Serge Parot.
« L’égoïsme, c’est celui des promoteurs et des gens qui s’enrichissent par ces constructions », rétorque Patrick Mennucci.


Linda Be Diaf

« Tout l’équilibre naturel des sols du vallon de l’Oriol est menacé »


L’association Bompard-Oriol-Roucas tire la sonnette d’alarme sur les conséquences de travaux d’ampleur qui affectent les lieux des constructions à l’immédiate proximité du chantier.

« Tout l’équilibre naturel des sols, sous-sols et du tissu rocheux est menacé ainsi que la solidité des constructions environnantes et l’écoulement des eaux », explique Serge Parot, président de l’association qui dénonce la manière dont a été instruite la demande de permis de construire au strict regard du plan d’occupation des sols (POS), « sans demande aucune de précision de la nature des sols. Les services de l’urbanisme de la mairie de Marseille doivent aller au-delà des simples prescriptions du POS à savoir prendre en compte l’intérêt général des citoyens », réclame Serge Parot.
Pour Huguette Mihranian, habitante du Roucas Blanc, il faudrait que « la mairie centrale s’associe aux services d’un cabinet d’experts géologiques pour octroyer les permis de construire en prenant en compte la nature des sols, la faisabilité des travaux ».
La Ville de Marseille a délivré le 26 juin 2006 un permis de démolition et un permis de construire au nouveau propriétaire du 82, av. des Roches. La démolition de la villa n’a débuté qu’en septembre 2009 car deux voisins immédiats avaient déposé, en décembre 2006, un recours contre le permis de construire.
« Après 18 mois de procédures, les requérants se sont retirés avant même d’avoir plaidé, pour des raisons qu’on ignore », rapporte Serge Parot. De fait, ce retrait avait prolongé le délai légal accordé au promoteur. Le voisinage n’avait jamais été inquiété car le permis de construire n’a jamais été affiché sur le chantier et ne l’est toujours pas à ce jour.
L.B.D.

Tag(s) : #Marseille Actu, #Actu, #Urbanisme, #Social
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