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J-L. #Connan - #Esadmm : « Insérer l’Ecole dans son monde et sur son territoire avec les #technologies #numériques »

J-L. #Connan - #Esadmm : « Insérer l’Ecole dans son monde et sur son territoire avec les #technologies #numériques »

24/03/2014

Trois questions à Jean-Louis Connan, directeur pédagogique et artistique de l’Esadmm dont la vision prospective ambitionne la création d’une institution artistique internationale.

Linda Be Diaf : Le design est-il un secteur économique en émergence ?

Jean-Louis Connan : Le design est en rapport avec le monde économique de l’industrie. La recherche travaille actuellement sur le design de demain dans le domaine des services, de l’environnement, de l’innovation sociale. Le design est très en prise avec les acteurs qui essaient de faire le monde de demain et qui participent aux futurs usages, au nouvel art de vivre. L’urbain sera bientôt perçu avec une nouvelle sensorialité numérique. Et en cela, le design n’est pas simplement - même si c’est toujours intéressant - de l’aménagement d'intérieur qui s’intéresserait à faire une chaise de plus.

L.B.D. : Quel est l’ambition majeure de l’Esdamm ?

J.LC. : Nous sommes tous d’accord pour dire que le projet actuel est le développement de la plate-forme numérique « LoAD » dédiée aux moyens d’expression les plus contemporains à travers un espace ouvert aux échanges et aux productions des savoirs. C’est un énorme projet, à l’enjeu très important, qui permet de préparer les créateurs en étant très présent dans le débat de l’art contemporain en France et à l’international pour vraiment former des artistes de notoriété. C’est notre objectif ambitieux, mais à l’image de l’ambition de notre ville qui a son importance en France, dans le bassin méditerranéen, et à l’étranger.

Aujourd’hui, une grande école supérieure d'art et de design n'est pas qu'une formation, c’est un projet d’institution qui doit rayonner à l’international.

Pour cela, nous avons une vision prospective qui insère notre institution dans son monde et sur son territoire avec les technologies de demain car nous faisons une école pour les trente ans à venir. Et, sans se payer de mots, nous nous devons de développer l’Esadmm comme la Royal Academy of Arts à Londres, comme le Shanghai Institute of Visual Art à Shanghai, comme toutes ces grandes institutions internationales d’enseignement artistique qui sont plus que ça, qui ont des collections, qui développent elles-mêmes des formations dans d’autres pays.

L.B.D. : Comment faites-vous pour faire de l’Esdamm, une école qui est dans son temps et qui s’inscrit dans le débat de la contemporalité ?

J.LC. : Marseille est un territoire tourné vers la mer et qui a une vocation méditerranéenne. Ce n’est pas forcément intéressant pour nous de rechercher des identités à ce niveau-là, mais plutôt en complément de cette évolution territoriale.

Nous nous situons dans l’actualité mondialisée de l’art car la création et le design sont des modèles mondialisés. Notamment dans les pays, plus qu’en voie de développement, qui sont importants sur la scène internationale. Le Brésil, la Chine, l’Inde.

Le design est passé d’un style modélisé sur l’Europe et les Etats-Unis à un art beaucoup plus libre et plus ouvert qui prend en compte bien des gens qui sont arrivés de tous ces pays. Par exemple, le prochain directeur de la biennale de Venise est un très grand critique d’art nigérian. Et l’école se situe dans ces actualités puisque nous sommes en relation avec ces pays.

Le monde est complexe : des identités très fortes apparaissent tournées vers les religions ; des réalités économiques très fortes apparaissent avec la Chine et l’Inde ; l’art, la création et le design sont au centre. Ils ont la force d’être un révélateur de notre époque. Et on ne peut pas enseigner l’art sans prendre en compte sa réalité internationale et son contenu géopolitique. Il faut donc faire venir ces enjeux dans l'école pour donner aux artistes de demain une bonne connaissance et un repérage précis des enjeux de l’art national et international. Toutes les grandes institutions internationales artistiques ont cette ambition.

Entretien réalisé par Linda Be Diaf

24/03/2014