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On dit parfois que pour bien écrire, il faut être malheureux. Le problème là, c’est que moi je suis trop heureux à La Ciotat !

Sege joncour

Serge #Joncour : « Un épisode heureux, simple et solaire »

Profondément humaniste à la sensibilité poétique, Serge Joncour vit le moment. Surtout présent.

Dans sa nouvelle Le jour de la fameuse nuit empreinte de lumières, l’auteur se surprend à décrire une rencontre fascinante qu’il ne soupçonnait pas. La rencontre avec un territoire, « le temps d’une parenthèse idéale » se plaît-il à dire : La Ciotat.
Cinq épisodes pour un roman-feuilleton publié chaque vendredi du mois d’août dans la rubrique «Les Mystères de la Capitale» dans nos colonnes en partenariat avec Marseille-Provence 2013.
Le jour de la fameuse nuit est une nouvelle qui conte la rencontre entre deux mondes, deux hémisphères. La rencontre entre deux hommes que tout sépare et que la cité portuaire de La Ciotat va unir. Paisiblement, avec bonheur et félicité. Cette belle aventure humaine et heureuse est narrée par l’écrivain parisien qui a trouvé l’inspiration dans l’antre de la villa Michel Simon où il a vécu sa résidence d’artiste en mai dernier. Un pur bonheur, nous confie-t-il avec humour et humilité. Entretien.


Linda Be Diaf : Aujourd’hui, vous rencontrez vos lecteurs à La Ciotat (*). Vous prêtez-vous souvent à la rencontre du public ?
Serge Joncour : Oui, je le fais souvent et j’aime ça! Parce qu’écrire est un exercice solitaire, cela fait du bien de rencontrer du monde.
Pour mon dernier roman L’Amour sans le faire, sorti en septembre 2012, je fais toujours des rencontres en librairie. J’ai dû en faire cinquante pour ce livre. Je bouge partout, en France en particulier. Et comme ça, j’ai découvert des régions et des villes.


L.B.D. : Alors, aviez-vous déjà découvert La Ciotat avant d’y être artiste en résidence pour y écrire votre nouvelle Le jour de la fameuse nuit?
S.J. : Je connaissais La Ciotat pour y avoir fait des nocturnes littéraires. Enfant, j’y avais passé une journée mais je ne m’y été pas arrêté. Là, je suis resté cinq jours en résidence et je l’ai découvert autrement, finalement. En plus au mois de mai, ce fût un peu comme une parenthèse idéale...
Cette ville m’a sauté aux yeux. Avec ces images du chantier naval, des frères Lumière, on a l’image de la splendeur d’avant, ce sentiment que tout est un peu dans le passé. Une ville qui serait arrêtée. Et pourtant, j’ai trouvé une ville vivante, une ville où tout est en marche. Aujourd’hui, le chantier naval s’occupe des yachts, il y a du travail, des bateaux en attente, des chantiers qui tournent. Il y a de la vie ! Même, le cinéma de l’Eden, qui était en ruine, est devenu flambant neuf. Une renaissance ! Oui, j’ai le sentiment d’avoir vu une ville qui renaissait. Et attirante. Comme une éclaircie.

L.B.D. : Comment avez-vous vécu votre résidence d’artiste ?
S.J. : J’ai passé cinq jours dans la villa Michel Simon qui surplombe La Ciotat. Cette ville recèle des trésors insensés. D’ailleurs, dans ma nouvelle, j’ai voulu tout y mettre. La calanque de Figuerolles et l’île verte sont deux univers en plein cœur de ville, c’est quand même assez rare.
On dit parfois que pour bien écrire, il faut être malheureux. Le problème là, c’est que moi je suis trop heureux à La Ciotat ! Donc du coup, je me dis peut-être qu’elle est mal écrite la nouvelle. Mais ce n’est pas grave parce que les cinq jours étaient tellement - a proprement parlé - idylliques… Ce fût magique. Comme une fiction. Tout se passait bien. Les gens étaient gentils. Les restaurants sont magnifiques. Et puis, il y a cet équipage d’Australiens dont je parle dans la nouvelle, je ne les ai pas inventés. C’est vrai qu’ils étaient là, comme sur une autre planète parce qu’ils étaient en repos. C’était la fête. C’était incroyable. Un drôle de moment…


L.B.D. : Cet engouement pour cet univers vous a-t-il donné envie d’écrire une prochaine histoire qui se passerait à La Ciotat ?
S.J. : J’ai déjà commencé un roman qui se passe ailleurs, dans un tout autre univers : la forêt.
Le précédent, l’Amour sans le faire se passait dans le Lot, la lumière, l’été.
Pour celui d’après, je ne sais pas. Mais ce n’est pas impossible. Ce dont je suis sûr, c’est que j’y retournerai à La Ciotat. Pour moi, pour mon plaisir.


L.B.D. : Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous rejoindre l’aventure MP-2013 ?
S.J. : Marseille-Provence 2013 m’a contacté. Je n’aime pas trop écrire sur commande mais là, La Ciotat, ça m’allait très bien parce que je ne connaissais pas. Et comme, j’ai une activité liée au cinéma, ça m’intéressait d’autant plus.
Et puis Marseille me rappelait des souvenirs. Adolescent, Marseille, j’y ai fugué plusieurs fois... (Rires). Il y a comme un mythe.
En réalité, ce fût un moment fort. Ce fût la surprise.


L.B.D. : Vous dîtes ne pas aimer écrire à la commande. Alors comment avez-vous vécu l’exercice stylistique imposé du roman-feuilleton ?
S.J. : Le roman-feuilleton est une culture qui est plus que jamais à l’oeuvre aujourd’hui. Toutes les séries télévisées sont du roman feuilleton. Et mes romans, je les façonne toujours un peu de cette manière.
Là, pour cette nouvelle, j’ai écrit sans trop savoir où j’allais. Mon désir était avant tout de mettre en scène la villa Michel Simon qui n’est pas notoirement connue et d’en faire une sorte de territoire d’où la folie du cinéma renaît et que ça finit magiquement. Je tenais à parler de la ville, de ses bateaux, de son activité et d’en faire un épisode heureux. Je n’ai pas cherché à créer un crime comme élément d’intrigue car je n’avais pas envie de ça. La Ciotat m’avait baigné de lumières et de félicité. Je voulais faire quelque chose d’un peu heureux, simple et solaire.


L.B.D. : Dans votre nouvelle, vous faîtes la part belle aux clichés cinématographiques de la gare de La Ciotat et de la locomotive. Ce qui m’interpelle, c’est qu’il y a toujours une histoire de train dans vos histoires ?
S.J. : Oui, souvent. D’ailleurs, dans mon prochain roman, les cinquante premières pages se passent dans le train, c’est pas facile pour le scénario. Le train c’est la découverte, c’est un espace de rencontre possible. Le train, j’aime ça.


L.B.D. : Vous avez déjà adapté deux de vos romans au cinéma ?
S.J. : Deux de mes romans (U.V. et L’Idole, ndlr) ont été adaptés au cinéma. Puis, j’ai écrit un scénario d’après le roman de quelqu’un d’autre. Et là, j’écris le scénario de mon roman L’Amour sans le faire dont on lance la production en 2014 si tout se passe bien.


Entretien réalisé par Linda #BeDiaf

Crédit photo : Photo dAvid Ignaszewski / Koboy / Flammarion

L’écrivain et scénariste s’est prêté au roman-feuilleton avec Le jour de la fameuse nuit. Ce soir, il rencontre ses lecteurs à la librairie «Au Poivre d’âne» à La Ciotat le 30 août 2013 à 18h 30.
Librairie «Au Poivre d’Âne» 46, quai François Mitterrand 13600 La Ciotat.

in la Marseillaise du 30 août 2013

Tag(s) : #Culture - 2013, #People Art
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