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@DR/Zeina #Abirached

@DR/Zeina #Abirached

Je me suis trouvée dans la bande dessinée par urgence pour me raconter une histoire. Alors, j’ai fait avec les moyens du bord, avec ce que je savais faire.

Zeina Abirached

Portrait. Le rendez-vous littéraire hebdomadaire #MP-2013 - la Marseillaise du mois de mars reçoit la #dessinatrice #Zeina #Abirached.

Après une résidence d’artiste à #Aix-en-Provence, la dessinatrice s’est prêtée au roman-feuilleton Les Mystères de la Capitale et a publié cinq bandes dessinées qui sont « son » regard porté sur cinq lieux aixois. Ces cinq publications se clôturent avec une rencontre publique avec l’auteur, demain au J1 à Marseille.

Pour Zeina Abirached, « rencontrer des gens qui nous ont lus est toujours un moment agréable et de partage. D’autant que le métier de dessinateur est assez solitaire. On écrit, on dessine, chez soi ou dans un atelier ». Alors ce rendez-vous s’annonce comme un retour dont elle se réjouit.
En cinq tableaux graphiques bichromiques, Zeina Abirached raconte « son »

Aix-en-Provence où « les cinq histoires sont indépendantes les unes des autres. Le seul lien est la région et mon regard sur ces lieux ». Un territoire qu’elle connaît bien puisqu’elle a déjà participé aux Rencontres du 9e art, festival de bandes dessinées et autres Arts associés d’Aix-en-Provence, en 2010. Alors pour jouer le jeu, elle a choisi de porter un regard sur des territoires qui lui étaient encore inconnus comme les carrières de Bibemus ou l’opéra Elena.

Plus qu’une échappée, la résidence a été un réel travail de recherche. « En parallèle de mon séjour à Aix-en-Provence, je me suis documentée à partir de photos, d’archives et de textes. Pour la fondation Vasarely que je connaissais déjà, j’ai travaillé à partir d’archives radiophoniques qui m’ont beaucoup aidée. Pour l’opéra Elena, c’était différent. Comme il ne sera monté qu’en juillet et qu’il n’a été joué qu’une seule fois depuis sa création au XVIIe siècle, j’ai fait avec la documentation mise à ma disposition. Quant aux planches du Calisson, je parle un peu d’Aix-en-Provence mais c’est avant tout une histoire que j’ai écrite après m’être imprégnée des lieux. »

Si Aix-en-Provence ne fût pas une « première fois », l’expérience de la résidence non plus. Néanmoins, la résidence d’artiste MP 2013 restera, pour elle, unique en son genre. « Ici, on travaille en volume, c’est plus que de l’écriture, ça devient de la conception d’espace. » Pour un auteur dont les écrits et les dessins ne sont pas toujours destinés à être publiés directement, dont les illustrations sont soumises à des contraintes de temps, d’espace et de commande, il n’est pas aisé de se livrer au format du roman-feuilleton. Illustratrice de presse réactive à l’actualité, Zeina Abirached dit avoir beaucoup aimé ce format qui est « la totale liberté ». Libre dans le temps, libre dans l’espace. Libre dans l’histoire.

Couleur au présent, noir et blanc du passé

« J’ai travaillé avec la presse en Espagne et en Belgique, un peu en France. En tant qu’illustrateur ou qu’auteur de bandes dessinées dans la presse, on a rarement autant de place que celle que j’ai pu avoir dans la Marseillaise. Avoir une double-page dans ce format est exceptionnel. Et là, pour moi, c’est une première ! »

Graphiste de formation et issue de l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris, Zeina Abirached est auteur de bandes dessinées depuis la publication de ses premiers albums en 2006. Le dessin, c’est une grande histoire. « Je dessine depuis toujours comme les enfants », avoue-t-elle avec candeur.
Candide ? Pas tant que ça. « Je me suis trouvée dans la bande dessinée par urgence pour me raconter une histoire. Alors, j’ai fait avec les moyens du bord, avec ce que je savais faire. D’ailleurs, le côté graphique de mes dessins vient de là. »
Un graphisme iconique, une ligne épurée, un trait simple. Bichromie. Zeina Abirached puise ses influences dans son enfance. « Tout ce que j’ai observé enfant se retrouve dans mon travail. La calligraphie, le travail sur le motif de la tapisserie par exemple. D’ailleurs, les motifs des planches sur la fondation Vasarely s’y prêtent bien puisque Vasarely lui-même avait travaillé dans ce sens. »
Un art décoratif ? Pas vraiment. Les histoires de Zeina Abirached sont, par essence, autobiographiques. Elle y raconte son Beyrouth natal, son Liban des années 80, son enfance sur la ligne verte. Ses souvenirs, elle les dessine en noir et blanc. Sans nuances. Comme pour permettre au lecteur de plonger dans son passé. « J’utilise le noir et blanc pour les différentes raisons liées à la réappropriation du souvenir. »

L’emploi du noir et blanc ou de la couleur correspond à une nécessité narrative. « C’est un choix qui correspond au ton de ce que je raconte et au style de l’histoire. »
La couleur, elle la travaille « quand il le faut » et dessine rarement quand elle n’a pas une histoire à raconter.

Actuellement, elle écrit un roman graphique, une réflexion sur le bilinguisme à partir d’un piano oriental utilisé au Liban dans les années 1950. On n’en dira pas plus si ce n’est que Zeina Abirached est Libanaise, Méditerranéenne, francophone et qu’elle a publié cinq albums aux éditions Cambourakis. Entre autres…

#Linda #BeDiaf

Tag(s) : #People Art, #Culture - 2013, #Mediterranee
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